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Viedourle mag’ #66 – Novembre/décembre 2018

 

Conjugaison active

Alors que nous fêtons le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, premier chaos planétaire entre nations, premier conflit à avoir fait autant de victimes, mais qui allait en appeler bien vite un deuxième, il me semble, à relire les différents articles de cette époque, que nous ne sommes pas très loin des mêmes circonstances, à une exception près, et elle est de taille, la sauvegarde de notre planète…

Jamais le nationalisme, le repli sur soi, la xénophobie, le racisme, la ségrégation n’ont été aussi visibles en ce début de 21ème siècle. Le continent américain, propulsé par désormais deux leaders de ce mouvement de repli, de surcroît climato-sceptiques, parait en passe d’entraîner le monde dans un sillage bien sombre. Notre continent européen n’échappe pas à cette vague nauséeuse. Hongrie, Pologne, Italie ont déjà franchi le Rubicon boueux. Paradoxalement c’est encore l’euro notre dernier recours, notre dernier rempart face à cette rhétorique haineuse et individualiste. Mais pour combien de temps encore ?

Tout fonctionne comme si personne ne voulait voir la réalité crue et pour reprendre les termes de Gluckmann, cette incapacité à saisir la gravité des périls, c’est ce qui nous fait aller droit dans le mur… Notre planète est en danger, bien au-delà des querelles politiques, nous le savons et pourtant… nous irons manifester contre la hausse des carburants, quand personne, ou presque, ne descend dans la rue pour défendre notre environnement !

Mais tout n’est pas aussi noir, aussi sombre. Chaque jour des femmes et des hommes relèvent le défi d’un mieux vivre ensemble, s’attachent à prendre en compte cette nouvelle menace écologique, tentent de créer du lien autour d’eux, par leur travail, leur implication et leur volonté de ne pas céder. A notre niveau, par des petits gestes, simplement en changeant quelques habitudes, nous avons notre pouvoir et  notre capacité à agir.

Je covoiture, c’est tout simple et c’est à ma portée ; Tu consommes local, c’est une autre attitude et c’est ton choix ; Il ou Elle donne plutôt que de jeter, c’est solidaire et c’est bon pour le moral ; Nous trions nos déchets, c’est quotidien et c’est éducatif ; Vous maîtrisez votre consommation d’eau, c’est une nouvelle façon de vivre et c’est rassurant ; Ils ou Elles choisissent un autre mode de chauffage, c’est très agréable et c’est économique…

Alors prenons le temps de conjuguer nos actions, de décliner à l’envi ces petits riens qui feront le nécessaire pour basculer dans un autre lendemain ; si chacun de nous s’attache à le faire et à le faire savoir, nous retrouverons également les vraies raisons de nous mobiliser. Certainement ce dont nous avons tous le plus besoin !

Pour ce numéro de fin d’année, nous avons choisi de faire parler la culture et ses artisans. Bruno Robillard, directeur du cinéma Le Venise, complètement refait, agit en véritable passionné du 7ème art pour nous proposer une programmation de qualité mais aussi en agissant comme pédagogue de la toile afin que nos citoyens de demain soient éduqués à la pluralité culturelle et cinématographique. Rafart, depuis son magasin atelier de Sommières, ouvert à toutes et tous, accompagne les graffeurs, véritables artistes contemporains, pour exprimer par le visuel, leur vision de la société, sans fard ni retenue mais avec souvent, beaucoup de perspicacité.

Enfin, il n’y aurait pas de magazine sans son vigneron et pour ce numéro nous sommes repartis au domaine de Massereau, histoire de regarder tout le travail accompli par Arnaud Freychet et son équipe.

Alors bonne lecture, bonnes fêtes de fin d’année et… n’oubliez pas votre conjugaison !

 

Vincent COULON