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Viedourle mag’ #65 – Septembre/octobre

Sursis avec mise à l’épreuve

Incendies un peu partout dans le monde, inondations, canicules, records de température cet été, autant d’évènements qui forment la bande annonce de ce qui nous attend, qui illustrent la catastrophe à laquelle nous assistons. Pourtant, personne ne bouge. Nous assistons à la gestation d’une tragédie bien annoncée, dans une forme d’indifférence générale. La planète devient une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil et ce n’est pas un enjeu prioritaire. En effet, nos décideurs s’évertuent à entretenir, voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. Comment après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable qui ne cesse de se préciser et de s’aggraver de jours en jours, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités. Est-ce la pression du court terme, si forte sur notre quotidien et sur les actions de nos politiques, qui nous empêche de faire quoi que ce soit ? Est-ce l’illusion d’un enjeu écologique, qui porte un enjeu sociétal, culturel, civilisationnel, mais pas dans le bon sens ?
Malgré tous ces signaux d’alerte, il n’y a pas de mobilisation générale; il n’y pas une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité, alors que nous avons su le faire au moment des attentats de 2015. Il n’y a pas d’union nationale sur un enjeu qui concerne l’avenir de l’humanité et de nos propres enfants. Nos formations politiques ne semblent pas capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour se rejoindre sur l’essentiel. Nous avons asséché, épuisé l’Afrique sahélienne, mais pas question d’accueillir tous ces migrants; qu’ils restent chez eux… La responsabilité est l’affaire de tous, politiques, décideurs, chefs d’entreprises, et bien entendu de nous tous, simple citoyens. Est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, à réduire l’utilisation de pesticides, à enrayer l’érosion de la biodiversité, à arrêter l’artificialisation des sols ? La réponse est malheureusement NON… Nous continuons à foncer dans le mur, à construire notre perte !
Alors quels peuvent être nos leviers; comment inverser la tendance, quelles actions entreprendre ? Peut-être passer par des résolutions individuelles, des actes « citoyen de la planète ». Je peux choisir plus utiliser de pesticides, de réduire ma production de gaz à effet de serre en limitant ma consommation électrique par exemple; j’ai vraiment besoin de la climatisation, tout l’été… Je peux mutualiser mes déplacements, le covoiturage est une solution simple à mettre en place, efficace et économiquement rentable; pour cela il faut partager sa voiture, laisser y monter des femmes et des hommes avec lesquels nous allons nous trouver bien des points communs. Je peux également consommer en circuit court, plus profitable aux agriculteurs et à notre santé.
Il n’est que temps de changer nos habitudes, d’éduquer différemment nos enfants, car ce sont eux qui paieront la note au prix le plus fort. Il n’est que temps de nous prendre en main pour préserver notre environnement
Vous me trouverez peut être alarmiste, un peu pénible avec ce thème récurrent, mais de numéro en numéro, nous ne faisons que d’attirer votre attention sur ce véritable sursis pour lequel, en toute connaissance de cause et de notre plein gré, nous avons été condamné…
Alors bonne lecture, mais surtout prenons nous en main, agissons, il est urgent de le faire pour notre planète, notre humanité, notre avenir et notre survie…

Vincent COULON