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Horizon masqué, confiance à retrouver…

Sensation étrange cette année pour une reprise, ou une rentrée, pour le moins perturbée par une crise sanitaire qui n’en finit plus de couvrir et recouvrir l’ensemble de nos préoccupations. Passée la sidération du confinement, digérées les errances et erreurs du déconfinement, voici que nous sommes plongés dans des abîmes de perplexité face à une situation sanitaire et économique à nulle autre pareille. Si les cas avérés de COVID ne remplissent pas nos carnets d’adresse, qui peut aujourd’hui prétendre traverser ces moments sans encombre; qui affirmera que, non rien n’a changé, que finalement, on ne s’en sort pas si mal… Ce ne sont pas forcément les conséquences sanitaires du virus qui nous frappent mais plutôt les dommages causés à notre économie, à notre quotidien mais, plus grave encore, à notre avenir.

Il me semble en effet que nous avons, je l’espère temporairement, abandonné toute idée de projets à long terme. Comment en effet se projeter alors que bien des indicateurs sont au rouge cramoisi ? Ici un étudiant qui ne trouve pas d’entreprise pour son alternance; là un chômeur qui voit encore plus repoussée l’échéance d’un nouvel emploi; plus loin des entreprises, petits commerces ou artisans qui redoutent les prochains mois, craignant de ne pas « passer l’hiver ».

Que dire de nos anciens, pour qui la seule promesse qui vaille tient dans un enfermement programmé, dans un nouveau confinement qui ne dirait pas son nom. Comment motiver nos scolaires, collégiens ou lycéens, alors que leur horizon semble aussi masqué que ne le sont les visages des passants dans chaque rue. A ce sujet d’ailleurs, comment ne pas penser à un mauvais film de science-fiction, un samedi matin, jour de marché (masqué)…

Que dire de nos élites nationales, enfermées elles aussi dans une gestion de crise ultra centralisée et très bureaucratique, produisant à qui mieux mieux, des mesures que nous avons de plus en plus de mal à comprendre et donc à accepter. Certes, la tâche est rude, complexe, et je ne doute pas que ce gouvernement la prend au sérieux. Mais pourquoi ne pas plus faire confiance aux citoyens, aux élus locaux et à tous les acteurs de notre société. Notre état jacobin ne s’est jamais aussi bien porté. Ce n’est plus, je ne veux voir qu’une tête; mais bien je ne veux voir qu’un masque ! Prisonniers de nos élites, nous fonctionnons comme si nous avions perdu toute confiance en nous. Abreuvés de réseaux sociaux et de chaînes d’infos en continu, nous excellons dans la surenchère de la rumeur et de la dernière « infox ». Essayez de passer une soirée, entre amis ou en famille, sans en parler : une véritable gageure, un défi à relever, un pari fou, et pourtant…

Nous avons, toutes et tous, les ressources pour gérer, ensemble, cette crise, avec du bon sens, de la pédagogie et de l’intelligence. Il suffit simplement de s’arrêter quelques instants, de couper les sirènes médiatiques, pour trouver ensemble, chacun à son niveau, les moyens les plus adaptés pour empêcher la contagion. Dans nos bureaux, nos ateliers, nos magasins, nos écoles, chacun devrait pouvoir, ensemble et en concertation, fixer les mesures à appliquer, et pas forcément le masque obligatoire partout et tout le temps. Il ne s’agit pas d’imposer ou de chercher le conflit, mais bien de retrouver confiance en nous, pour s’adapter et s’en sortir…

Puis simplement se rappeler qu’entre le 1er janvier et le 1er mai 2020, si un peu moins de 240 000 personnes sont mortes de la COVID 19, près de 330 000 sont décédées du paludisme, plus de 2 740 000 du cancer ou encore pire, près de 3 732 000 sont morts de malnutrition… Les chiffres sont quelques fois abrupts et impersonnels mais ils disent aussi une réalité plus objective !

Bonne lecture, bel automne. Merci pour votre fidélité !

Vincent Coulon