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Viedourle magazine mars/avril 2017
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mars/avril 2017

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Édito n°56 – mars/avril 2017

En cette fin de février, les journées s’allongent, le soleil joue encore à cache-cache avec les nuages, mais la lumière de la fin de l’hiver annonce le printemps autant que les amandiers en fleurs. Dans le jardin, les oiseaux pépient à tue-tête, remplissant l’air de leur gazouillis effrénés, rappels sonores du retour, ou au moins de l’annonce, des beaux jours. La nature encore endormie, s’éveille peu à peu, comme en s’excusant de se réveiller si tôt, ou si tard, c’est selon, mais en prenant bien soin de ne pas brûler les étapes. Ah si tout pouvait être aussi serein, aussi paisible et reposant; quelle belle vie aurions nous !

Loin s’en faut notre monde échappe souvent à cette quiétude printanière. Pendant qu’anglais et américains se demandent encore comment le ciel a pu leur tomber sur la tête. Pendant que continuent guerres et attentats dans un proche et moyen orient toujours enflammé, mais jamais cicatrisé. Alors que nos sociétés semblent inexorablement s’enfermer dans le mythe des réseaux sociaux, dans le culte de l’Avoir suprême, nous autres gaulois regardons avec circonspection le spectacle désolant de la cour de récréation quinquennale. Dans deux mois il faudra choisir… Ah quoi bon se disent la plupart; toujours les même pantomimes, les mêmes promesses, les mêmes serments. Une bonne partie de la population n’ira pas voter, affaiblissant d’autant la légitimité de ceux qui sortiront des urnes mais qui seront toutefois satisfaits d’y être arrivé. Mais si c’est important vous répondront les fidèles défenseurs du suffrage universel, se rassurant en méthode Coué, que si ce n’est pas le mieux, ce ne sera pas le pire…

Alors quoi ? Se résigner, lâcher l’affaire. La tentation est grande de ne plus bouger, comme engoncés dans notre luxe et notre consommation, engourdis et aveuglés, sur l’air du « on en a vu d’autres » !

Et pourquoi ne pas, au contraire, vouloir changer malgré tout. Oh certes pas en profondeur, pas tout de suite; ce serait peut-être même dangereux. Mais en commençant modestement, en se rappelant que simplement vivre ensemble, c’est déjà pas si mal. Nos petites villes et nos villages débordent d’énergies créatives, d’initiatives populaires mais pas démagogiques, de volonté de faire ensemble pour avancer ensemble. Il suffit alors de regarder autour de soi, de compter parmi ses amis, ses relations, quelques « illuminés » de l’altruisme, pour se dire que rien n’est perdu.

Comme à chaque numéro nous sommes allés à leur rencontre. Les vignerons coopérateurs de la Gravette de Corconne  l’ont compris depuis plus de 60 ans. C’est ensemble qu’ils ont choisi d’entreprendre et de faire en sorte qu’aujourd’hui, leurs vins soient synonymes de qualité, de savoir-faire et de tradition, au point d’arriver jusque sur la table de l’Elysée. Le collectif d’artistes d’Art Fresque Povera à Sommières, est toujours à la recherche d’un point d’équilibre entre peuple et culture, proposant pour cette nouvelle saison de replonger dans l’histoire de l’humanité pour la conjuguer au présent avec une école de fonderie d’art. La société 3D Extérieur, à Villevieille, s’ancre dans la technologie pour jongler avec les ombres et les lumières en agrandissant nos espaces. Enfin, la ville de Sommières, défrayant la chronique pour une maison à démolir, se voit décerner le label « Petites Cités de Caractère », une première pour une ville gardoise.

Bonne lecture à toutes et à tous !
Vincent Coulon