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Viedourle mag #61 janvier/février 2018

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Édito n°61 – Janvier/Février 2018

Une bonne année, vraiment ?

Le ciel est lourd et bas en ce début janvier. Passées les fêtes, les agapes et les réjouissances, pour n’en retenir que les bons moments, partagés ensemble, en famille, entre ami. Mais comment ne pas penser à toutes celles et ceux pour qui cette période ne fait que de raviver blessures et douleurs, séparations, disparitions, isolement, solitude ou maladie.

Que ne donnerait-on pas pour posséder une gomme magique capable d’effacer toutes ces couleurs sombres qui pigmentent sans cesse notre quotidien et pouvoir nous débarrasser de toutes ces tares… De l’imbécilité notoire de certains dirigeants, plus prompts à tweeter qu’à réfléchir, dont l’arrogance n’a d’égale qu’un ego surdimensionné tout juste bon à comparer la taille de leurs boutons nucléaires. De la cupidité, de l’avidité de ceux qui possèdent déjà tout mais qui en veulent encore plus, tellement engoncés dans leur boulimie consumériste qu’ils en oublient la fragilité de notre planète. De nos petites lâchetés, quand elles ne sont pas pure bêtise, qui nous fait préférer la tentation du repli sur soi, la dominante xénophobe pour transformer notre nation en « une assemblée de copropriétaires égoïstes et égotistes » pour reprendre Glucksmann. De notre aveuglement à ne pas voir que la Terre elle-même menace de disparaître si nous ne changeons pas nos modes de vie, nos modes de production et de consommation, ou plus profondément notre pensée.

La tradition veut que nous formions des vœux alors que souvent la vie peine à nous sortir de nos peines. Alors regarder devant, croire encore et toujours en l’Homme et sa destinée singulière, cette faculté énorme que vous avons à pouvoir sans cesse se relever pour avancer, créer, progresser… Vivre tout simplement.

C’est toute cette insondable énergie que nous puisons sans cesse dans les rencontres que nous faisons qui nous permet de continuer d’y croire.

A Viedourle Magazine, nous n’échappons pas à cette « fatalité positive » qui nous pousse à chaque numéro à la recherche d’autres histoires. Une histoire simple, des hommes et un terroir; de nouveaux acteurs pour travailler à l’innovation, au développement durable et la valorisation des territoires, grâce à une économie humaine et solidaire, c’est tout le pari de la cave coopérative vinicole de Villevieille. Une histoire gourmande inscrite dans une logique de développement durable consistant à économiser les ressources, à privilégier les approvisionnements et les acteurs locaux, pour refaire à l’envers le chemin de votre enfance et plonger dans le pot de confiture la Cuillère gourmande. Une autre histoire, ou plutôt une réflexion sur notre histoire commune avec le poids de la charge mentale qui pèse sur les épaules des femmes; à force de penser à tout, elles en ont ras le bol ! Et toujours La Chabraque qui nous pousse dans nos retranchements en puisant dans nos souvenirs pour que la vie soit toujours de l’avant.

Comment ne pas terminer avec cette phrase de Martin Luther King, qui n’a jamais sonné aussi vraie : « Nous avons appris à voler comme des oiseaux et à nager comme des poissons, mais nous n’avons pas appris l’art tout simple de vivre ensemble comme des frères »

Cultivons cet art pour cette année à venir ! En vous souhaitant de belles rencontres et de belles lectures.

 

Vincent Coulon