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Viedourle mag' #83 - juillet/août 2022
Viedourle mag’ #83 juillet/août 2022

Viedourle mag’ #83 juillet/août 20222022

Le travail c’est la santé ???

Drôle d’idée me direz-vous, de parler travail, alors que les vacances pointent le bout de leur calendrier. C’est presque un paradoxe, à tout le moins une antinomie, pourquoi pas une contradiction, mais certainement une étrangeté. En fait, je suis de plus en plus frappé par toutes les divergences, toutes les différentes interprétations autour du travail, quand ce n’est pas de la sacro-sainte « valeur travail ». Depuis la récente crise sanitaire, chacun a pu mesurer tout le poids de ce fameux travail, nécessaire et indispensable, à notre condition humaine. Oh bien sûr, et bien avant le confinement, on parlait de plus en plus de temps partagé, de temps partiel, de fractionnement du temps de travail, mais ces notions relevaient à minima d’expériences personnelles, certes louables, et donc tolérées, ou au mieux de concepts réservés à quelques audacieux, voire privilégiés. Sérieusement, il fallait se rendre à l’évidence, le travail ne comptait que s’il était plein et entier. Que n’a-t-on entendu de fausses arguties : les 35 heures, une ineptie socialiste que nous paierons pendant longtemps ! et pourquoi pas 32 heures payées 35 ! Le salut c’est dans les heures supplémentaires ! Travailler plus pour gagner plus …

Puis le temps s’est arrêté, enfin pour être exact le temps du travail. Contraints pour la plupart de rester confinés, nous découvrîmes peu à peu une vie en dehors du travail. Mieux, nous apprîmes alors, télétravail ou pas, à nous retrouver dans d’autres valeurs, d’autres notions, tout aussi essentielles à nos vies, mais depuis longtemps oubliées. Ce qui fit que, lorsque vint le temps du retour, au bureau, à l’usine, au garage, au magasin ou à l’école, enfin sur tous ces lieux traditionnellement associés au travail, notre regard changea, notre réflexion s’aiguisa pour envisager d’autres façons de vivre, donc de travailler. Pour ma génération de quinquas et plus, c’était inexplicable, insensé, tout simplement impensable. Pourtant notre jeunesse, nos propres enfants, alors qu’ils débutaient un parcours professionnel, nous indiquèrent leurs choix, qui de temps partiel choisi, qui de télétravail revendiqué. Le travail n’est plus alors cette valeur cardinale qui a cimenté, vous avez dit bloqué (?), notre société depuis si longtemps. Cette jeunesse vivante ose même nous dire que la « valeur travail », ça n’existe pas, que c’est une valeur fantasmée par notre génération qui a connu le quasi-plein-emploi !

Difficile de trancher, mais au moins reconnaissons que le monde que nous leur laissons, au-delà d’une réalité écologique désastreuse, est un monde en complète transformation. À quoi ressembleront alors les métiers de nos enfants dans 10, 20, 30 ans ? Ce que l’on sait à l’heure actuelle, c’est que ces métiers n’ont pas encore été inventés. D’après le forum économique mondial, 65% des enfants qui entrent en école primaire aujourd’hui exerceront plus tard un métier qui n’existe pas encore. Et pour l’étudiant qui commence son cursus technologique à l’université cette année, la moitié de ce qu’il apprendra lors sa première année d’étude serait en réalité dépassé deux années plus tard.

Les femmes et les hommes que nous rencontrons pour notre magazine ne sont pas en dehors du monde, en dehors de ces réalités du quotidien. Simplement elles et ils composent, avec leurs atouts, leurs richesses, leurs forces et faiblesses pour construire du mieux possible, ce monde de demain, ancrés, toutes et tous dans l’aujourd’hui. Au Domaine de Trépaloup la force tranquille du savoir-faire de Rémi Vandôme s’appuie désormais sur la jeunesse de Camille Pèlerin pour dynamiser toute la gamme de vins. L’histoire du vase de Sommières est aussi celle de la rencontre entre la boutique de La Dinette, depuis longtemps installée au cœur de la ville, avec de jeunes artisans, une céramiste et un potier, pour valoriser cette production locale. Que dire de tous les commerçants du sommiérois, eux aussi confrontés quotidiennement aux réalités sociétales, mais qui n’en gardent pas moins une énergie débordante pour continuer à être à notre service…

Belle lecture, bel été, à toutes et tous et n’oubliez pas : si le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver !!!!

Vincent COULON

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